A 14h00 ce dimanche, le trimaran Remade-Use It Again a pris le départ de la 11ème édition de La Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Du soleil, une vingtaine de nœuds de vent, le spectacle était une fois de plus magique au large de la Pointe du Grouin. Petit Poucet de la catégorie Ultime, Romain Pilliard, dont c’est la première Route du Rhum et la première course à la barre de ce trimaran reconditionné de 23 mètres, a choisi d’être conservateur sur ce départ, privilégiant ainsi la prudence à la performance. L’objectif du projet Remade-Use It Again est bel et bien d’arriver en Guadeloupe dans une petite quinzaine de jours.

Tout sourire depuis son arrivée à Saint-Malo, profitant de l’accueil exceptionnel réservé aux marins par les Malouins et les centaines de milliers de visiteurs sur le village, ce matin, Romain Pilliard a laissé place à l’émotion et à la concentration au moment de quitter le ponton. Sur cette traversée de l’Atlantique de 3 542 milles, le skipper de Remade-Use It Again ne cachait pas sa plus grande appréhension : le départ. Après un dernier regard à sa famille et son équipe technique, le marin a franchi la porte du Cap Fréhel, dernière marque de parcours obligatoire avant la Guadeloupe !

Les mots de Romain Pilliard avant de quitter le ponton :

« C’est un début de course très sportif. Je reste serein car ce n’est pas une surprise pour un départ de course au mois de novembre, on s’attend à ce que cela soit compliqué. Ce n’est pas agréable mais je n’ai pas le choix. Je l’ai voulu cette Route du Rhum, j’y suis ! Je suis très heureux d’embarquer tous mes partenaires dans cette aventure et je vais faire tout mon possible pour arriver en Guadeloupe !  On a d’abord un premier bord à faire jusqu’à Ouessant où il faudra aller assez vite puis nous aurons un peu de répit avant une transition avec du vent fort qui va rentrer. L’objectif sera ensuite d’aller rapidement jusqu’au Cap Finisterre pour devancer une grosse dépression. Il ne faut surtout pas être au nord du Cap Finisterre à ce moment là. La mer va être mauvaise, le vent très fort ! Certains bateaux pensent ne pas passer et s’arrêter en Bretagne, je ferai tout pour quitter cette zone dangereuse, mais si ce n’est pas le cas, il faudra faire une courte escale en Bretagne. Il faut suivre l’évolution des fichiers, ce n’est pas très clair. Ensuite il y aura également un deuxième front à passer. Cela va être violent, il va falloir faire le dos rond…»