Ma Coupe du Monde

La Route du Rhum depuis 1978 s’est forgée une légende. C’est un graal, c’est notre Coupe du Monde des marins en solitaire. Alors se donner le chance d’y participer, même si on est l’équipe du plus petit pays, sans aucune chance de gagner, ne se laisse pas passer. En plus, on est dans le carré avec les pays stars. On va jouer aux côtés de l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Argentine, le Brésil. Et puis avant de gagner la Coupe, il faut d’abord jouer tous les matchs, et pas sortir sur blessure. Alors, ça se tente

Dans cette réflexion, on se dit que le tableau est trop beau, que ce serait le meilleur moment pour parler du changement pour lequel on se bat, l’économie circulaire. Si on doit tous changer, alors frappons un gros coup ! La Route du Rhum sera ma Coupe du Monde. Use It Again ! comme un cri de guerre, un cri d’alarme pour la planète, une invitation au changement.

Alors on est marin ou pas ? On emmène tout le monde derrière nous ? Sa famille, ses proches, son équipe ? On y va ? On y va !

Le budget tarde à venir, on doute, le doute s’installe, trop tard pour monter tout cela avec le trimaran encore au chantier ? On y croit. A la chinoise, on déroule, on avance, on n’écoute personne. On y va, au bluff parfois et BAM, un 4 aout 2018, ça se fait. Un certain Matthieu aussi barré que nous, croit en notre belle histoire commune. Et là, c’est parti, c’est la full préparation,1000 vies en 3 mois je vous dis.

Et ça y est, on part pour la Coupe du Monde, bien entouré avec un super coach. On arrive à Saint-Malo, c’est un peu comme entrer au Maracanã pour un joueur de foot. On y est, c’est la préparation, c’est les médias, c’est les poses photo avec le Brésil, l’Argentine, etcun rêve éveillé pour un petit pays amateur qui cherche encore de quoi payer les derniers salaires. On en profite, on est concentré, on se prépare, fiabiliser le bateauarriver en Guadeloupe.

Coup de sifflet, c’est parti, on attaque dur d’entrer de jeu. La partie est engagée, une Pointe de Bretagne à aller chercher rapidement. C’est bon, c’est fait, sans casse. La suite du tableau se complique : blessures, expulsions, mais le tournoi n’est pas terminé. Les meilleurs joueurs ne sont plus là, l’équipe est handicapée mais les supporters sont à bloc, les sponsors plus fidèles que jamais, le staff en soutien, concentré, y croit. Et c’est le carré final, il n’y aura pas de victoire mais finir cette Coupe du Monde est déjà un exploit. Alors ce petit pays mérite sa place de l’autre côté de l’Atlantique. Avec tout l’engagement, les larmes et la sueur, mon Odyssée personnelle s’écrit droit devant, 1000 milles devant mes étraves…”

Romain sur l’Atlantique, à 1150 milles nautiques de l’arrivée

 

Crédit photo : Eloi Stichelbaut – Use It Again